Pour ce qui est de l'âme s½ur, le faite que quelque part, il y ait une personne qui vous est destinée... J'y crois, mais n'espère plus. Je pensais l'avoir trouvé, un moment de ma vie... qui est maintenant révolu. Je ne vis plus l'amour, je l'écris.
Moi, je suis Nine Léonie. Écrivain, misanthrope, recluse dans une maison des banlieues de classe moyenne. Je n'ai pas toujours été misanthrope, au contraire.
J'aime la solitude, même si elle n'est pas la plus tendre compagnie. Mais elle n'est pas exigeante, ni décevante. J'ai lâché tout mes amis à cause d'elle, après tout c'est mon choix. C'est à peine si ces amis se souviennent de moi, et c'en était pas vraiment en faite... Il ne m'en reste que deux.
Ces deux, me connaissent vraiment et j'ai confiance en eux.
J'étais sur mon canapé et j'écrivais sur un cahier un bout de mon roman. Je n'avais plus d'inspiration depuis ce matin. En m'étirant, je me levais et me dirigeais vers la cuisine baigné dans les mélodies d'AaRON. Au passage j'attrapais ma tasse poser sur mon bureau, près de l'ordinateur.
Biz... Biz...
Je me retournais, mon portable vibrait sur la commode de l'entrée.
Merde...
Ça s'arrête et un message indiquant onze appels en absence d'Amaury s'afficha. Je fixais le mobile en levant un sourcil. Tant pis, il me rappellera comme les onze dernières fois, et là, je décrocherai.
Deux gorgées de café plus tard...
J'avais posé le portable sur la table à manger, face à moi, appuyer sur le plan de travaille. Je jouais avec un couteau de ma main gauche (ce qui était risqué !) et de mon autre main je tenais une tasse jaune canari. Je lançais mon regard le plus assassin au mobile.
Biz... Biz...
- Allô ? Nine ?
- Oui Amaury, qu'es-ce que tu veux ? me daignais-je à articuler avec une fausse sympathie.
Il ignora ma question, à 5 je raccroche.
1... 2... 3...
- Ça va ?
- A merveille ! Que me vaut ce coup de fil ?
- Quelqu'un est...
- Est ?
- Mort.
Je levais un sourcil, les yeux vides, complètement indifférente.
- Oh ! Quel nouvelle ! Qu'es-ce qui te dit que je suis intéressé par cette nouvelle, bien que tragique ?
- Tu ne veux pas savoir qui...
- Non.
- D'accord. C'est Gabriel.
- Tu n'as pas le droit de me parler de lui, même s'il est mort, puis ça ne m'intéresse le moins du monde. Au revoir.
Impossible... Non.
J'étais au bord de l'évanouissement. Des larmes coulaient de mes yeux, quelque chose se déchirait en moi, un bout d'orgueil s'envola. Tremblante sur mes jambes, je me trainais jusqu'à ma chambre.
Quelques filets de lumières traversaient les volets, ça sentait le renfermé, je n'avais pas ouvert depuis une semaine. Dehors la pluie et le vent, braillard, s'écrasaient sur les contrevents.
Blottie sur le côté, genoux sur le ventre, je pleurai en murmurant des mots, des gémissements. Je revois ma phrase du début, l'amour est une bonne raison de vivre, mais cela ne vaut plus pour moi.
Je n'arrivais pas à y croire, mais j'en souffrais tout de même. J'étais mal, je ne savais plus rien, plus pourquoi. C'était comme si je n'étais plus, comme si le nord et le sud n'existait plus, si mon c½ur ne voulait plus de ce sang, si mes poumons refusaient cet air sans que Lui soit dans ce monde. C'en était gênant, je gesticulais, essayais mainte et mainte positions pour ne plus sentir ce malaise. Sur le ventre, le dos, gauche, droite, assise, la tête entre mes jambes... Je me sentais mal. Je sautais, m'arrachais les cheveux, criais... rien y faisait.
- Ah ! Ah ! Pourquoi ? Non ! Pourquoi ?! Oh My God !
Je ne me contrôlais plus, c'était irréelle, comme le monde sans lui. Comme le monde sans soleil, ni lune, sans toi, moi, nous... Sans amour, ni haine. Comme un monde vide.
J'ai achevé la soirée sur le lit, à genoux, tête sur l'oreiller. A pleurer et pleurer... Sur ce lit, nous avions fait l'amour. Et il ne me reste plus rien de lui, rien que de flous souvenirs et une bague. Je glissa ma main sous le coussin jusqu'à sentir un petit anneau froid. Je tournais brusquement ma tête vers mon poignet gauche, il y avait six entailles qui avait cicatrisé depuis bien longtemps, j'avais promis à Gabriel de ne plus recommencé. Mais il est bien mort n'es-ce pas ? C'était tellement tentant...
J'enfonçais ma tête dans l'oreiller en étouffant des gémissements, dans ma main droite, je serais ce bout de métal au plus fort. Les ongles de mon autre main entraient dans la chair de mes cuisses.
Gabriel...